Surveillance / Protection

Le Niger est l’un des pays les plus importants pour la conservation des antilopes sahélo-sahariennes (ASS). En effet, la zone du Massif de Termit et de l’erg de Tin Toumma, à l’est du pays, abrite un cortège d’espèces remarquables et menacées (comme la gazelle dama, le mouflon à manchettes, le guépard du désert, etc.) ainsi que la dernière population sauvage viable d’Addax (estimée à environ 200 individus) au monde.

Plus d’infos

Ces régions jusqu’à présent relativement préservées, ont été, et font encore l’objet de dégradations importantes. Le braconnage et la perte d’habitat ont déjà causé la disparition au Niger de certaines espèces (Oryx, Autruche). Un des problèmes majeurs pour la grande faune dans la zone sont les campagnes de chasse organisées par des hauts dignitaires étrangers ou par des notables de la région. Vu la fragilité de ces populations d’espèces très menacées (addax et gazelle dama), nous pourrions assister en quelques années à l’extinction de plusieurs espèces, comme la gazelle dama, l’addax, le mouflon, ou le guépard saharien. Ces menaces subsistent et risquent de compromettre définitivement l’écologie de la zone et son potentiel touristique.

Le présent volet doit permettre de lutter contre ces dégradations afin d’assurer une présence dissuasive, une surveillance et finalement une protection efficace des antilopes sahélo-sahariennes. Il vient en complément des autres volets du projet relatifs au suivi écologique, à la délimitation d’une aire protégée ainsi qu’à l’implication des populations locales dans le processus de conservation.

La vision de ce volet, assez originale, puisque axée sur l’implication des communautés pastorales de la région pour la surveillance, s’appuie sur un certain nombre de constats fait par l’équipe du projet, pour étayer cette approche :

  • La coexistence entre la biodiversité saharienne (et, en particulier des espèces patrimoniales comme l’addax) et les communautés pastorales est un fait historique, confirmée par le maintien de plusieurs espèces très menacées de grands mammifères jusqu’à aujourd’hui. L’évidence actuelle permet de conclure que l’élevage extensif (du dromadaire essentiellement) avec une faible densité des populations humaines est compatible avec la présence de cette biodiversité saharienne.
  • Du fait de l’étendue des zones à conserver pour garantir un espace vital viable aux addax, une responsabilisation des communautés présentes dans les actions de conservation est impérative.
  • La menace principale à la survie de l’addax est le braconnage, exacerbée par la prolifération des armes à feu, l’augmentation des véhicules tout-terrain, l’insécurité et l’absence d’une présence dissuasive dans la région.




M-à-J : mercredi 5 octobre 2011