
Les péjoratives climatiques observées depuis 1970 ont accru la vulnérabilité des milieux sahélo-sahariens aux conditions climatiques parfois extrêmes de ces régions. Ces changements climatiques récents se caractérisent ainsi par une plus grande irrégularité interannuelle des pluies dans la bande sahélienne conduisant à une concentration des cheptels vers le sud augmentant de facto la pression sur les ressources fourragères restantes. Alors qu’un retour à pluviométrie "normale" est annoncé, le surpâturage et la dégradation des ligneux représentent un risque sur la regénérescence des milieux.
Les péjoratives climatiques observées depuis 1970 ont accru la vulnérabilité des milieux sahélo-sahariens aux conditions climatiques parfois extrêmes de ces régions. Ces changements climatiques récents se caractérisent ainsi par une plus grande irrégularité interannuelle des pluies dans la bande sahélienne conduisant à une concentration des cheptels vers le sud augmentant de facto la pression sur les ressources fourragères restantes. Alors qu’un retour à pluviométrie "normale" est annoncé, le surpâturage et la dégradation des ligneux représentent un risque sur la regénérescence des milieux.
La pluviométrie moyenne des milieux dits « sahéliens » est comprise entre 150 et 500 mm. La région de Termit - Tin Toumma se situe à l’interface entre la bande nord de la zone sahélienne et les portes du Sahara. Des modifications dans le régime des pluies entraînent forcément des perturbations dans l’équilibre fragile du milieu.
Entre le milieu et la fin du siècle dernier, les climats sahéliens et sahariens se sont aridifiés : alors que les températures sont restées stables, la moyenne des précipitations a diminué (cf. carte ci-dessous).
Source :
Ce changement de climat a modifié la composition des pâturages. Les espèces herbacées vivaces sont les espèces fourragères les plus appréciées (appêtées) par le cheptel domestique. L’aridification a favorisé le développement des espèces herbacées annuelles au détriment des espèces pérennes qu’elle a fragilisé notamment vis-à-vis du surpâturage. Les pâturages s’appauvrissent.
Les deux dernières grandes sécheresses qui ont sévies dans la zone de Termit/Tin Toumma (1974-75 et 1983-84), ont modifié la composition floristique des pâturages, ce qui a entraîné un changement de la mobilité des troupeaux.
Il semble que les pâturages à Cornulaca monacantha (espèce vivace très appréciée des animaux), à l’époque proches du massif de Termit, ont été broutés de manière intensive pendant plusieurs années consécutives. Ils ont disparu des abords du massif et ont subsisté loin des puits, les rendant accessibles en seule saison froide, lorsque les animaux ont moins besoin d’eau.
Les sécheresses successives ont également poussé les éleveurs à conduire leurs troupeaux plus au sud en fin de saison sèche et début de saison des pluies. Les animaux ont depuis pris l’habitude de descendre très au sud à cette période, augmentant la pression exercée sur ces pâturages par les troupeaux des pasteurs déjà présents.
L’aridification du milieu a également eu des conséquences sur la strate arborée, et en particulier sur le taux de régénération des arbres, extrêmement faible. Le broutage des jeunes pousses et des feuilles, notamment en saison sèche, ainsi que les prélèvements nécessaires à la vie quotidienne des pasteurs (structure des tentes, poulies, coffrage des puits traditionnels), ont aggravé les effets des sécheresses et de l’aridifications. Le nombre d’arbres a fortement diminué depuis une trentaine d’années, selon les dires des vieux nomades.
Aridification, dégradation des pâturages, mobilité des troupeaux, surpâturage, fonçage de puits traditionnels, tous ces éléments interagissent étroitement dans un cercle vicieux de dégradation des ressources.
Sources/Références : Gentil, Herbreteau ; 2006 ; Etude des pratiques d’élevage et mode d’accès aux ressources hydriques et fourragères dans la communauté Téda, Massif de Termit, Niger ; CNEARC, AVSF.









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