Le Guépard

Acinonyx jubatus hecki

Historiquement le guépard, connu pour être le mammifère terrestre le plus rapide du monde animal, s’étendait de la pointe de l’Afrique du Sud jusqu’en Afrique du Nord ainsi qu’en Asie. Hormis quelques noyaux restants en Iran et au Pakistan (Marker, 1998), l’essentiel des guépards se trouvent aujourd’hui en Afrique Sub-saharienne, avec les plus grosses populations en Afrique orientale et australe.

Le Sahara, surtout dans ses parties montagneuses, abrite également quelques populations dont le statut est méconnu (Wacher et al. 2005). Les guépards de la zone saharienne constituent une sous-espèce à part entière Acinonyx jubatus hecki, considérée en danger d’extinction d’après la liste rouge de l’IUCN, en raison de la diminution de leur aire de répartition et de la petite taille estimée de ces populations. Au Niger, le guépard est perçu comme une espèce emblématique de la zone sahelo-saharienne, où une toute petite population se maintient dans les massifs de l’Aïr et de Termit. On notera qu’un autre foyer existe au Niger dans la bande sahélo-soudannienne du pays. En effet, quelques dizaines d’individus (Claro et al. 2006) ont trouvé refuge dans le Parc du W et leur présence est mentionnée depuis la première partie du 20ème siècle (Roure 1956).

Les guépards de la zone de Termit n’ont quasiment pas été étudiés et très peu d’observations directes ont été réalisées à ce jour. L’origine de la présence de l’animal est véritablement méconnue, tout comme sa distribution au sein du massif, ses caractéristiques génétiques (génotype et phénotype), ses mœurs ou ses affinités écologiques. Riou en 1955 faisait part toutefois dans un rapport sur les potentialités de chasse dans la zone de Termit que le guépard s’y trouvait en assez grand nombre mais restait difficile à approcher.

On suppose, d’après les informations récoltées auprès des populations locales et les quelques observations réalisées (Claro et al. 2003 ; Claro pers. comm. SSIG Agadir, 2003 ; Wacher et al. 2004), que les guépards utilisent le massif comme refuge durant les heures chaudes et comme promontoire pour chasser ses proies (gazelles dorcas, gazelles dama, lièvres) dans les vallées lorsque celles-ci s’alimentent.

Les individus du Termit sont aujourd’hui très menacés aussi bien par l’utilisation de la strychnine par les éleveurs nomades (initialement contre le chacal), que par les chasses intempestives qui déciment les populations de proies potentielles.

Les thématiques de recherche que le projet ASS souhaiterait développer autour du guépard sont multiples. Il serait intéressant de mieux connaître le mode d’occupation spatio-temporelle de ce prédateur au sein du massif en fonction des ressources potentielles et de la pression anthropique, ce qui nous permettrait de mieux appréhender son domaine vital. L’étape suivante serait alors de pouvoir estimer avec précision la population restante et de comprendre les mécanismes génétiques qui permettent à cette petite population de se maintenir. On connaît la consanguinité élevée chez les guépards du Serengeti ou d’Etosha (O’Brien et al. 1986), alors que leur population est largement supérieure à celle du massif du Termit. Il serait utile de connaître le génotype des individus présents dans la zone d’étude, afin de voir si les apports de gènes sont tous originaires du même pool ou si au contraire, ils viennent de 2 pools différents, les guépards de la zone sahelo-saharienne (Algérie, Mali et Nord-Niger), et ceux de la zone soudanienne (Bénin, Togo, Sud-Niger), par exemple.

Littérature

Busby, G.B.J., Gottelli, D., Durant, S., Wacher, T., Marker, L., Belbachir, F., De Smet, K., Belbachir-Bazi, A., Fellous, A. & Belghoul, M. 2006. A Report from the Sahelo Saharan Interest Group – Office du Parc National de l’Ahaggar Survey, Algeria (March 2005) - Part 5 : Using Molecular Genetics to study the Presence of Endangered Carnivores (November 2006). Unpublished Report. vi + 19 pp.

Claro, F., Leriche, H., Van Syckle, S., Rabeil, T. & Hergueta, S. 2006. Survey of the cheetah in W national Park and Tamou fauna reserve, Niger. Accepté à IUCN/ SSC, Cat News.

Claro, F., Pelle, E., Faye, B., Sissler, C. & Tubiana, J. 2003. Rapport de mission scientifique au Niger dans la région du Termit. IRD/SZP/MNHN, Paris, p 38.

Marker, L. 1998. Current status of the cheetah (Acinonyx jubatus). In : Proceedings of the Symposium on Cheetahs as Game Ranch Animals, Penzhorn (ed.) : 1-17. Onderstepoort, 23-24 October 1998, South-Africa. O’Brien, S.J., Wildt, D.E. & Bush, M. 1986. The cheetah in genetic peril. Scientific American 254:68-76. (84-92).

Riou, Y. 1955. Chasse à Termitt. Rapport de la FOM, Gouré, Niger, 3 p. Roure, G. 1956. Faune et Chasse en Afrique Occidentale Française. Guide du tourisme de la nature vivante. Ed. GIA, Dakar, 412 p.

Roure, G., 1956. Faune et Chasse en Afrique Occidentale Française. Guide du tourisme de la nature vivante. Ed. GIA, Dakar, 412 p.

Wacher, T., K. De Smet, F. Belbachir, A. Belbachir-Bazi, A. Fellous, M. Belghoul & L. Marker. 2005. Sahelo-Saharan Interest Group Wildlife Surveys, Central Ahaggar Mountains (March 2005). Sahelo Saharan Interest Group.

Wacher, T., Newby, J., Houston, W., Spevak, E., Barmou, M. & Issa, A. 2004. Sahelo–Saharan Interest Group Wildlife Surveys. Tin Toumma & Termit (February–March 2004). ZSL onservation Report No. 5. London : The Zoological Society of London. iii + 70pp.

Lien utile : http://www.cheetah.org/




M-à-J : mercredi 5 octobre 2011