Le braconnage

Le braconnage représente la principale menace qui pèse sur les effectifs de faune dans la zone de Termit - Tin Toumma. Les chiffres ne sont pas connus avec précision, mais d’après les dernières missions scientifiques et les dires des populations locales, les effectifs de faune ont considérablement baissé ces dernières années en dépit de la fermeture de la chasse.

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Le braconnage représente la principale menace qui pèse sur les effectifs de faune dans la zone de Termit - Tin Toumma. Les chiffres ne sont pas connus avec précision, mais d’après les dernières missions scientifiques et les dires des populations locales, les effectifs de faune ont considérablement baissé ces dernières années en dépit de la fermeture de la chasse.

Il existe trois types de braconnage dans la zone de Termit :

  • Le braconnage dit riverain de subsistance pratiqué par les populations locales nomades comme complément alimentaire, avec des pièges et des armes à feu traditionnels, dont l’impact est relativement modéré.
  • Le braconnage commercial effectué par des chasseurs nigériens professionnels équipés de véhicule 4x4 et armes modernes qui permet de ravitailler des marchés régionaux et la capitale Niamey en viande de brousse très appréciée par un grand nombre de nigériens issus des classes aisées.
  • La chasse (non contrôlée) exercée par des visiteurs étrangers après autorisation exceptionnelle délivrée par les hauts dignitaires de l’Etat nigérien, en période de fermeture. Ces chasses sont accompagnées d’un braconnage effectué par les forces de sécurité censées encadrer les visiteurs.

Au cours de ces chasses exceptionnelles les méthodes utilisées peuvent être en contradiction à l’esprit de la loi 98 07 du 29 Avril 1998 fixant le régime de la chasse et la protection de la faune sauvage. Les pratiques constatées sont les suivantes :

  • Utilisation de l’hélicoptère la nuit afin d’éblouir les gazelles qui sont ensuite capturées vivantes par une équipe au sol.
  • Utilisation de faucons et d’armes à feu le jour à bord de véhicule.

D’une manière générale les populations voisines des zones visitées par les étrangers et les braconniers professionnels ne sont pas favorables à ces pratiques et appelle l’ETAT du Niger à prendre ses responsabilités face à ce que certains considèrent comme de l’ingérance. D’autre part, les hélicoptères perturbent la quiétude et contribuent fortement aux avortements dans le cheptel camelin qui constitue les principales sources de revenus des populations.

En raison du manque de contrôle effectué par l’Etat nigérien, il est difficile de savoir avec précision le nombre d’individus prélevés (morts ou vivants) lors de ces parties de chasse organisées à titre exceptionnel. Néanmoins, étant donné la fragilité actuelle du stock des effectifs d’espèces telles que l’addax (pourtant inscrite sur l’annexe 1 de la CITES et la CMS et sur la liste rouge de l’IUCN), la gazelle dama et le mouflon à manchette, le moindre prélèvement est synonyme de dommage irrémédiable pour la conservation de ces espèces. Pour les gazelles Dorcas et les outardes Arabe et de Nubie, les effectifs réels ne sont pas connus mais il est unanimement reconnu que les effectifs sont à la baisse. En conséquence, les prélèvements pour ces trois espèces peuvent avoir des répercussions catastrophiques sur le maintien de la population résidente au Niger.

Etant donné les dégâts irrémédiables engendrés par ces chasses recevant des autorisations exceptionnelles, il est fortement recommandé d’interdire ce type de chasse. Le projet ASS insiste auprès de la société civile et de l’Etat nigérien pour qu’il y ait une prise de conscience quant aux activités de chasse au Niger. Celle-ci doit pouvoir s’appuyer au préalable sur des connaissances solides quant au nombre des effectifs des espèces chassables (conformément aux normes internationales de l’IUCN, de la CMS et de la CITES) et la qualité de leur habitat. Si les conditions le permettent alors une chasse raisonnée, basée sur un plan de gestion bien défini peut être considérée comme étant un type d’exploitation de la ressource durable.

Concernant les activités de braconnage, le projet ASS oeuvre en collaboration étroite avec les populations locales, qui se sont engagées à ne plus chasser dans la zone de Termit - Tin Toumma, et les services de l’Etat en charge de la protection de la faune pour endiguer ce phénomène synnonyme de disparition de la faune à très court terme. C’est dans ce cadre que le projet ASS réalise des ateliers de sensibilisation auprès de l’ensemble des acteurs présents dans la zone de Termit - Tin Toumma (population nomade pastorale, forces de sécurité, autorités communales, autorités coutumières, services techniques de l’élevage, etc.).




M-à-J : mercredi 5 octobre 2011