La Gazelle Dama

Gazella dama ou Nanger dama

Description :

C’est la plus grande des gazelles. Le cou et les pattes sont très allongés. Les cornes assez courtes sont en forme de S dirigé vers l’arrière. Celles des mâles sont en général plus longues et plus robustes que celles des femelles.

La tête est de couleur blanche et les femelles présentent une raie noire en travers de l’œil.

Le cou, roux, porte une tâche blanche bien visible.

La coloration de la robe est blanche avec, à la partie supérieure, une zone rousse plus ou moins étendue qui laisse toujours la croupe et le ventre blancs.

La queue est courte, blanche avec l’extrémité noire.

Répartition et abondance :

C’est une espèce surtout sahélienne (steppes herbeuses et à Acacia) que l’on retrouve dans des massifs sahariens (îlots sahéliens dans un milieu saharien) comme l’Aïr, l’Adrar des Iforghas, le Hoggar, le Tassili, le Tibesti ou l’Ennedi (…) où elles se réfugient de plus en plus face à l’augmentation de la pression humaine.

Elle se rencontrait dans le centre et le sud du Sahara, mais les effectifs ont fortement chuté depuis les années 50 et 60 et elle est maintenant éteinte presque partout.

Actuellement, au Niger, il ne reste plus que quelques petits groupes très isolés :

  • dans l’Aïr
  • dans la zone comprise entre le massif de Termit au Niger et le Tchad,
  • dans la région du Manga au nord du lac Tchad (dunes fixes avec des couloirs et entonnoirs inter-dunaires)
  • dans la partie ouest du pays, à la frontière avec le Mali.

Comportement :

La gazelle dama pouvait auparavant être observée en troupeau (5 à 15 individus) comprenant 1 seul mâle et plusieurs femelles, mais la pression exercée par l’homme a détruit cette structure. On la trouvait parfois en groupes plus importants (rassemblements de plusieurs troupeaux), sur de bons pâturages, à la fin de la saison sèche ou au tout début de la saison des pluies.

Elle se mêle parfois avec les troupeaux de gazelles dorcas. Au Niger, avec leur raréfaction, on a observé plusieurs fois des individus isolés parmi des groupes de gazelles dorcas.

Elle est à l’origine plus sahélienne que saharienne, mais la pression anthropique, et notamment de la chasse, a entraîné son déplacement vers des zones de plus en plus arides.

Elle se déplace vers la zone saharienne au moment de la saison des pluies, lorsque les pâturages sont abondants et de bonne qualité et redescend dans la zone sahélienne durant la saison sèche. Elle fréquente plutôt les zones de dunes fixes et les steppes/prairies à Aristida et Acacia.

Alimentation :

Résistante à la sécheresse, réputée moins dépendante à l’eau que la gazelle dorcas, elle satisfait une grosse part de ses besoins en eau par les plantes qu’elle broute.

Elle se nourrit essentiellement du feuillage des arbres (Acacia sp., Maerua crassifolia, Balanites aegyptiaca) et buissons (Leptadenia pyrotechnica, Salvadora persica, Capparis decidua). Elle consomme certaines graminées durant la saison des pluies et le tout début de la saison sèche et du melon sauvage (Citrullus colocynthis) pour ses besoins en eau.

Statut : danger critique d’extinction (Liste rouge IUCN)

C’est l’une des espèces les plus menacées. La chasse est la principale cause du déclin de l’espèce surtout depuis que les chasseurs utilisent véhicules motorisés et armes automatiques. Mais la chasse traditionnelle aux pièges et aux filets lui cause également beaucoup de tords.

Des sécheresses ont également réduit et modifié les aires de pâturage et l’augmentation des cheptels domestiques (dromadaires essentiellement, bœuf et moutons dans la zone sahélienne) a également contribué à la repousser dans des zones moins fréquentées et plus arides.

Sous-espèces :

Il existe 3 sous-espèces de gazelles dama avec des variations dans la couleur de la robe :

  • Nanger dama mhorr au nord-ouest du Sahara
  • Nanger dama dama au centre
  • Nanger dama ruficollis au sud-est

La gazelle dama a été peu étudiée d’un point de vue génétique et il semble qu’il y ait beaucoup de variabilité dans ses populations.

Références :

  • M. Le Berre ; 1990, Faune du Sahara 2 – Mammifères ; Terres africaines ; Editions Raymond Chabaud-Chevalier.
  • Kingdon, J.S. & Hoffman, M. (Eds). The Mammals of Africa. Vol. 6. Pigs, Deer, Giraffe, Bovids, and Hippos. Academic Press. Amsterdam. Chapter (Scholte) Grettenberger & Newby (Niger)
  • Roseline C. Beudels-Jamar, Pierre Devillers, René-Marie Lafontaine, Jean Devillers-Terschuren, Marie-Odile Beudels ; 2005 - Les Antilopes Sahélo-Sahariennes. Statuts et Perspectives. Rapport sur l’état de conservation des six antilopes sahélo-sahariennes. Ed. Action Concertée CMS ASS. 2d édition. CMS Technical Series Publication N°11, 2005. UNEP/CMS Secretariat, Bonn, Allemagne. 126p. Gazella dama, pp.57-72.
  • MOA Chapter (Scholte) Grettenberger & Newby (Niger)
  • Rapports SSIG/SCF (Niger et Tchad)
  • Rapport Lamarque (Mali)
  • A voir aussi le rapport CMS (2006) sur toutes les antilopes sahélo-Sahariennes.

Portfolio




M-à-J : mercredi 5 octobre 2011