Infrastructures et pastoralisme

Le projet ASS en collaboration avec plusieurs ONG participe au renforcement des infrastructure hydraulique dans la région de Termit Tin Toumma en faveur de l’amélioration des conditions de vie et d’un développement économique et social des population. Cette participation intervient en transmettant les informations collectées par l’équipe ASS, en relayant les différents besoins (ex : demande d’entretien de puits) mais aussi en facilitant l’accès aux partenaires à ces zones isolées.

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Identification des besoins

Les différentes discussions avec les experts en hydraulique des différents partenaires au développement ainsi qu’avec la population ont permis de catégoriser les types d’ouvrages réalisables et les types de puits à réhabiliter. C’est tout d’abord à l’atelier de Termit Dolé en mai 2007, puis au cours des nombreuses missions dans la zone que la demande concernant les puits s’est précisée. La majorité des besoins oscille entre deux types de puits traditionnels, le premier appelé puits de parcours qui constitue une halte dans les déplacements des éleveurs (caravane de dromadaires) pour le commerce du sel, des dates ou des camelins. Deux missions de terrain ont permis d’identifier et de localiser les puits de parcours les plus importants et de mieux comprendre à travers eux l’historique de la présence humaine et de son utilisation des ressources dans le Termit / Tin Toumma.

Le second est davantage assimilable à un puits de terroir pour l’abreuvement du cheptel dans des zones de bons pâturages où les puits cimentés sont saturés (rendement insuffisant par rapport à la demande), contraignant les éleveurs à patienter 2 à 3 jours en saison chaude pour abreuver leurs animaux.

Ces deux types de puits traditionnels sont comparables à une solution de fortune pour les éleveurs de la zone. En effet, ils ont la particularité d’être de courte durée (4 à 6 mois) et d’être néfastes pour l’environnement et donc pour les éleveurs à moyen terme puisqu’ils nécessitent de couper un nombre important d’acacias qui sont la plupart du temps les seuls arbres dans cette région désertique procurant de l’ombre aux hommes et à leurs animaux. Cependant, étant peu coûteux, ils représentent la seule alternative pour ces populations nomades à l’heure actuelle.

Quelles sont les solutions pour combiner besoin des éleveurs et préservation de l’environnement ?

Il s’avère que la technique qui consiste à renforcer les puits traditionnels, développée par un ingénieur hydraulicien (Roland Tapia) est celle qui convient le mieux aux puits de parcours mais aussi pour de nombreux puits situés dans la zone. Cette technique a le triple avantage de ne pas être coûteuse, de minimiser la coupe de bois et la pression sur le pâturage environnant.

Ces puits n’ont pas la même capacité d’abreuvement qu’un puits cimenté, ils évitent donc une concentration trop importante de bétail à un endroit donné. Cela permet aussi de renforcer (d’allonger la durée de vie d’un puits traditionnel à 7 voire 10 ans) des puits déjà existants sans avoir à couper de bois supplémentaire. Enfin, ils ne nécessitent pas la même quantité de matériaux qu’un puits cimenté et sont moins coûteux que ces derniers.

Le projet a donc opté pour cette technique et souhaite renforcer un certain nombre de puits traditionnels à des endroits bien précis. Les détails concernant la technique de réalisation des puits traditionnels renforcés se trouvent en annexe.

Comment s’opère la sélection des puits traditionnels à renforcer ?

La zone de Termit / Tin Toumma regorge de puits de ce genre, il faut donc trouver un juste équilibre entre les différents objectifs fixés pour sélectionner les puits à renforcer. On peut discerner trois points principaux dont il faut tenir compte pour l’élaboration de la sélection : Le premier point le plus important repose sur la volonté des populations à expérimenter cette technique puisqu’elles contribuent à hauteur d’1/3 à son financement (cf. § suivant). Un autre point qui entre jeu est la représentativité des groupes ethniques qui bénéficieront de l’expérience. Il existe en effet des communautés Toubous tedas, Toubous Dazas et arabes qui évoluent dans la zone d’intervention circonscrite pour cette activité. Cette zone se trouve centrée sur le massif de Termit (cf. carte ci-dessous). Si les résultats de cette expérience pilote sont concluant alors on pourra envisager d’étendre la zone d’intervention et donc de toucher les communautés Touareg, Peul et Aza. Pour respecter la représentativité, la liste sera soumise aux chefs de groupements de chaque communauté et la sélection s’effectuera donc avec leur consentement. Les multiples interventions du projet ASS dans la zone ont permis d’acquérir de l’expérience au niveau de ces aspects fondamentaux dans les zones inter-ethniques et on peut compter sur le soutien des populations et de ses représentants pour garantir le succès de ce genre d’activité puisque la volonté émane directement d’eux. Enfin, le dernier point tient compte de la conservation de la biodiversité dans la zone qui sera prochainement élevée au rang de réserve naturelle. Ceci signifie que certains sites seront privilégiés par rapport à d’autres en raison des impacts minimes (dérangement, risque d’épizootie, pression sur le pâturage) qu’ils génèrent sur la faune.

Une mission a eu lieu en 2009 et a permis d’effectuer le diagnostic d’un grand nombre de puits à réhabiliter ou à renforcer. Le rapport détaille les aspects techniques de réhabilitation des puits et une évaluation est réalisée pour chaque puits afin de mettre en évidence les différents intérêts pour sa rénovation ou son renforcement qui serviront de critères dans le processus de sélection.

Les travaux de réhabilitation démarreront en 2010. Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter le rapport ci-dessous.




M-à-J : mercredi 5 octobre 2011