
La région du Termit Tin Toumma représente aujourd’hui un véritable arche de Noé pour la faune sahélo-saharienne. De nombreuses espèces disparues dans cette frange aride du continent africain sont relictuelles dans le massif du Termit ou dans l’Erg du Tin Toumma. Cette biodiversité constitue un atout important pour la création d’une aire protégée et s’appuie également sur un héritage culture très riche permettant d’entrevoir une mise en valeur touriste conséquente.
Les acquis pour la création de l’Aire Protégée de Termit – Tin Toumma
Au niveau biodiversité
- Existence des Addax espèce phare du projet (observation de 71 individus lors du dénombrement aérien de novembre 2007)
- Densité de faune (dorcas, fennec, outardes, chacal et petits carnivores) intéressante.
- Population très petite mais toujours existante de mouflons à manchette.
- Population existante de dama mais dont le nombre est véritablement inconnu (mais pas plus de 50 individus, probablement autour d’une dizaine).
Au total 17 espèces de mammifères observées (cf. liste des mammifères)
- Avifaune en déclin mais encore très riche. Le projet a observé 84 espèces d’oiseaux migrateurs du paléarctique occidental, migrateurs afro tropicaux et résidents
- Au niveau des habitats il y a une variété remarquable car il existe plusieurs formes de paysages tout à fait caractéristiques des zones saharienne et sahélienne.
- Au niveau botanique, il existe également des espèces caractéristiques des deux biomes mais également des espèces ayant leurs spécificités liées à l’influence du massif et du lac Tchad. Une mission botanique organisée par le projet en concert avec l’université Abdou Moumouni de Niamey a permis de constituer un herbier contenant 101 espèces de plantes : ligneuses, buissonnantes, parasites et rampantes. Le projet dispose également d’un album photo.
Au niveau archéologique
- Il existe des gravures rupestres répertoriées non loin des puits de Termit Nord, Dao Dimmi, vers Fachi (nord de la falaise Dogonboulo) ainsi qu’à Dibella (Références de Quéchon et Roset), mais il est possible que d’autres sites encore inexplorés puissent abriter des gravures. Pour preuve, le projet ASS a découvert récemment un site non référencé à ce jour au nord du puits de Dongoumi.
- La zone est également parsemée d’anciens sites néolithiques regorgeant d’objets travaillés divers (fragments de poterie, meules, pointes de flèches et d’armes diverses en silex…).
- Les sites d’Egaro et du massif de Termit sont parmi les plus anciens de l’âge du fer sur le continent africain (3 000 et 2 000 ans avant JC).
- On précisera également que la future AP est traversée par la route du sel qui fait à l’heure actuelle l’objet d’une procédure de classement par le centre du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Au niveau ethnologique
La zone se trouve à un carrefour ethnique remarquable où vivent essentiellement des Toubous, mais aussi des Touaregs, des Arabes et des Peuls.
Le mode de vie des Toubous, différent de celui des Touaregs bien qu’y ressemblant au premier abord, n’a que très peu été étudié. Or à l’instar de celui des Touaregs il est tout aussi remarquable dans son mode d’adaptation aux conditions désertiques. Peut-être moins mpressionnant au niveau artistique et culturel en général, la complexité du tissu social mérite d’être étudiée.
Au niveau préhistorique
Le site de Gadafawa situé dans la partie nord-ouest de l’AP envisagée, abrite un gisement d’ossements de dinosaures et de vestiges d’habitats paléo lacustres (bois fossilisé) exceptionnel et unique (cf. les ossements des dinosaures du Musée et photos prises sur le terrain). Ce site n’est absolument pas valorisé hormis par le passage de circuits touristique des agences de tourisme d’Agadez avec le risque que les touristes, faute de contrôle, puissent piller à loisir les trésors du Niger. Du point de vue approche
Une approche globale, intégrée et interdisciplinaire et participative pour la mise en place de l’aire protégée
- La déclaration de Dolé : l’engagement de tous les acteurs (population locale, autorités coutumières et administratives, forces de sécurité et services techniques déconcentrés) des communes de Tesker et Ngourti à protéger la faune et les ressources naturelles et à lutter contre le braconnage et les prélèvements illégaux.
- Les forces de sécurité (FAN, FNIS et gendarmes) des deux communes ont participé à des missions aux côtés des forestiers et des agents du projet et sont régulièrement sensibilisés.
- La population locale à travers les agents communautaires (sélectionnés par les chefs de campements et de groupements de manière consensuelle) participe à la protection du site
- Les directions régionales du Tourisme et de l’Environnement travaillent en collaboration avec le projet pour promouvoir le site et exercer un tourisme raisonné et respectueux de l’environnement.
Les problèmes à surmonter
- Redéfinir les concessions de chasse autour de la zone pour être en accord avec la création de la réserve naturelle
- Établir un plan de zonage pour l’exploitation pétrolière et minière dans la zone de Termit–Tin Toumma.
- La zone a de nombreuses richesses biologiques mais qui demeurent très fragiles. Les effectifs de faune actuels ne supporteraient pas de prélèvements même occasionnels. En conséquence, il faut interdire la chasse dans la réserve naturelle même à titre exceptionnel et dans le même temps proposer un mode de gestion des concessions de chasse permettant au Niger de valoriser ses ressources faunistiques. Lorsque les stocks de population de faune seront reconstitués et qu’un modèle de gestion sera fonctionnel, le Niger pourra valoriser ses ressources à travers la chasse sans que cela n’ait d’incidences négatives sur la faune.
- Manque de personnels assermentés pour le moment dans la zone pour la conservation et la gestion du site.
Les points manquants
- L’aspect juridique dans le cadre de la création de la réserve doit être renforcé.
- Un plan de gestion est en cours d’élaboration et devra être opérationnel dans l’année qui suivra le décret de nomination de la Réserve Naturelle de Termit–Tin Toumma.
- Un système de retombées économiques doit être mis en place pour les populations locales à travers les organes décentralisés (commune et direction régionale de l’Environnement et du Tourisme).









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