
Dans cette région extrême, l’équilibre écologique est particulièrement fragile et les éléments perturbateurs nombreux : aridification du climat, pressions anthropiques croissantes sont autant de menaces à une biodiversité riche et étonnante.
© Tim Wacher

Les péjoratives climatiques observées depuis 1970 ont accru la vulnérabilité des milieux sahélo-sahariens aux conditions climatiques parfois extrêmes de ces régions. Ces changements climatiques récents se caractérisent ainsi par une plus grande irrégularité interannuelle des pluies dans la bande sahélienne conduisant à une concentration des cheptels vers le sud augmentant de facto la pression sur les ressources fourragères restantes. Alors qu’un retour à pluviométrie "normale" est annoncé, le surpâturage et la dégradation des ligneux représentent un risque sur la regénérescence des milieux.

Le braconnage représente la principale menace qui pèse sur les effectifs de faune dans la zone de Termit - Tin Toumma. Les chiffres ne sont pas connus avec précision, mais d’après les dernières missions scientifiques et les dires des populations locales, les effectifs de faune ont considérablement baissé ces dernières années en dépit de la fermeture de la chasse.

La région du massif de Termit et de ses alentours est peuplée de pasteurs nomades Toubous, Touaregs, Peuls et Arabes qui se sont retrouvés sur une même zone géographique à la suite de mouvements migratoires successifs. Ce partage des ressources résultent d’une abondance aujourd’hui disparue. La recherche de pâturage, la concurrence entre les espèces élevés mais surtout le besoin d’eau croissant ont modifié les règles et les uses provoquant parfois des conflits d’usage complexe.

Malgré un cheptel croissant et des ressources herbacées irrégulières, les relations Pastoralisme - Faune sauvage sont complémentaires et convergentes. La concurrence entre espèces domestiques et faune sauvage est négligeable et ne montre pas de signe d’incompatibilité. Bien au contraire, la préoccupation des éleveurs au maintien d’une strate herbacée et ligneuse contribue à l’effort de conservation des habitats. A l’inverse, la mise en défend de zone pastorale au profit d’un soucis environnemental pourrait opposer les intérêts entre le pastoralisme et la conservation.

Le projet ASS mais aussi la communauté internationale soucieuse de la biodiversité et conscients de la manne financière et des enjeux que représentent l’extraction des ressources minières dans un pays comme le Niger, ne souhaitent pas s’opposer à ces activités mais veulent juste alerter les décideurs du pays sur le fait qu’il existe des solutions de compatibilité où conservation de l’environnement et exploitation minière peuvent être menées conjointement.

Les communautés nomades peuplant la région de Termit/Tin Toumma sont toutes musulmanes, islamisées depuis plus ou moins longtemps selon des histoires de chacunes. Quelle est la place de la faune sauvage dans l’Islam ? Dans les croyances traditionnelles ? Comment la thématique de conservation peut s’intégrer à ces visions ?




















